Cette section du forum est destinée à raconter le début du donjon joué précédemment sur table. Ce texte est centré sur le personnage de Darkanel Deltifor
Prélude
Il était onze heures dans la cité plan de Moth-Délaée et la population de la ville commençait à affluer dans les rues. La sublime place de la fontaine était encore peu animée. De nombreuses personnes se donnaient rendez vous sur cette place d’une beauté irréelle. Deux immenses statues de pierre blanche à l’image d’anciennes déesses de la beauté et de l’amour trônaient au milieu d’une magnifique fontaine. Cette fontaine est connue de tous les habitants de la ville comme étant l’un des plus beaux endroits de la ville et on lui accorde aussi le pouvoir de rendre éternel l’amour de deux personnes qui se sont rencontrées sur cette place. De sublimes jets d’eau et de lumière illuminaient les statues des deux déesses de la beauté. La fontaine à la taille des statues faisait près de vingt mètres de diamètre.
A l’image de la fontaine, la place était elle aussi incroyablement belle. A l’intersection de quatre rues, pouvant chacune accueillir plus de dix hommes marchant les uns aux cotés des autres, elle avait elle aussi des proportions démesurées. Un temple de granit blanc en l’honneur du dieu de la bravoure et de la loi protégeait la place par sa réputation. De nombreux prêtres en armure d’acier gardaient le temple. Les premières personnes venaient d’arriver sur la place et déjà l’agitation se fit entendre. Des paroles fortes commencèrent à retentir dans l’auberge, le bazar était déjà bondé. Les clameurs des vendeurs arrivèrent aux oreilles d’un pauvre mendiant devant la taverne qui attendait une petite pièce. Les forges du temple étaient déjà en train de ronronner. Les petites boutiques ouvrirent leurs portes et déjà quelques curieux commencèrent à regarder les objets de toutes sortes. Dans cette foule deux personnages aux antipodes se démarquaient.
Le premier était un mendiant. Il avait élu domicile près de la taverne et attendait avec patience un petit quelque chose à manger. Le mendiant était maigre, tellement maigre que ses os étaient saillants sous sa peau. Des taches étaient visibles sur son corps et le rendaient misérable, encore plus misérable qu’il ne l’était. Pour tout vêtement il portait des loques, seul vestige d’une quelconque dignité. Ses cheveux crasseux recouvraient son visage dont il était impossible de discerner les traits. Pour seul compagnon, le misérable avait un rat. Ce rat était propre et plutôt gras à la différence de son maître comme si le mendiant avait préféré prendre soin de son rat plutôt de son propre corps. Le rat juché sur l’épaule de son maître dégoûtait les personnes qui rentraient dans l’auberge.
L’autre personne était un jeune homme sûrement noble. Cet homme blond avait des cheveux longs attachés en arrière par un ruban de soie, qui descendaient jusqu’au milieu de son dos. Son visage rasé de près était éclairé par de magnifiques yeux vert émeraude. Un sourire doux illuminait son visage. Ce sourire avait quelque chose de sincère et lui était souvent rendu même si personne ne le connaissait. Son haut était fait avec un velours violet brodé d’or tout comme ses bas. Une simple ceinture de cuir retenait ses bas. A sa ceinture, il portait une dague des plus banales dans son fourreau de cuir ainsi qu’un petit livre retenu par une chaine. Sa démarche lente, élégante, posée, montrait que l’homme était un noble de naissance et qu’il avait appris les démarches de la cour. Ses chaussures de ville glissaient sur le pavé sans émettre le moindre son. Le jeune noble avança vers la fontaine et s’y assit. Il commença à regarder la fontaine puis ses yeux observèrent toute la place. Il resta assis là sans bouger à attendre patiemment.
Cela ne faisait que quelques minutes que l’homme attendait quand un grand cri retentit. Une jeune femme venait de s’effondrer sur le sol. Une longue traînée de sang coulait de sa gorge. Le jeune noble horrifié du spectacle qui s’offrait à lui mit quelques instants à remarquer un homme en blanc, une dague ensanglantée à la main, qui partait dans l’une des grandes rues qui donnaient sur la place. Le jeune noble se leva du bord de la fontaine et partit à la poursuite du mystérieux assassin. L’homme en blanc courait dans la foule avec une telle aisance que pour le jeune noble ne put impossible de le rattraper. Au bout d’une vingtaine de secondes de course le noble dut concéder sa défaite devant l’assassin. « Monstre d’assassin qui ose tuer une femme en plein jour ». En revenant vers la fontaine, le noble aperçut un mendiant qui l’avait suivi dans sa course. Le même mendiant qu’il avait aperçu devant l’auberge. «J’ai l’impression que si j’avais perdu ma bourse je ne l’aurais jamais revue ». Devant le corps se trouvait un attroupement de prêtres et de passants. La foule poussait de petits cris de terreur et d’horreur devant ce macabre spectacle. Les prêtres du temple priaient pour que l’âme de la défunte puisse trouver la route de l’autre monde. Le jeune noble dut jouer des coudes pour pouvoir avancer dans la foule. Une odeur de crasse et de saleté la suivait depuis son arrivée devant la fontaine. Arrivé devant le corps, il put admirer la gorge de la femme, tranchée nettement. « Heureusement que je n’ai pas rattrapé cet homme, il m’aurait tranché la gorge avant que je puisse utiliser mon art ». Un prêtre en armure de plaques se baissa et prit dans ses bras la jeune femme. « Paix à ton âme, belle inconnue ». Le prêtre partit vers le temple, la femme dans les bras, et les autres prêtres dispersèrent la foule avant de repartir vers le temple. Un soldat du dieu du bien se pencha et prit sur le sol un étrange médaillon puis s’approcha devant un imposant homme de dieu.
Le grand prêtre était terrifiant et avait dans son dos une imposante claymore. Son crâne rasé laissait apparaître de nombreuses cicatrices toutes plus affreuses les unes que les autres. Son visage dur et sévère barré lui aussi de cicatrices pouvait terroriser n’importe quel passant. Ses deux bras musclés démontraient une puissance et une expérience des combats exceptionnelles. L’homme qui avait ramassé le médaillon après un rapide examen, était en fait une paladine, une guerrière du dieu de la justice. Sa main était crispée dans son gantelet, signe d’une intense colère contenue. « La colère et la violence ne doivent pas être le quotidien des femmes ». La jeune femme enleva son casque. Le jeune noble put apercevoir le visage de la paladine, ses yeux bleus azur parurent sublimes au jeune homme. Ses longues oreilles étaient percées de nombreuses boucles d’oreilles en pierres plus ou moins précieuses. Sa longue chevelure d’or descendait dans son dos telle une cascade. « Je savais que les elfes sont belles mais je n’aurais jamais cru qu’elles étaient si belles ».
« Comment cela a-t-il pu se passer, Père Melan. Devant la maison d’Héronéus en plus. Cet outrage doit être puni.
« Calmez vos ardeurs mon enfant, répondit-il, bienveillant mais sévère. Ces événements ne sont malheureusement pas rares par ici. C’est en partie pour cela que je vous ai fait mander en ces lieux. De dangereux assassins sévissent dans nos rues et il semblerait que tuer en plein jour ne leur fasse plus peur. Seul un guerrier d’Héronéus peut faire cesser leurs agissements.
-Prêtre Melan, comment pouvons nous lutter contre eux ?
-Nous ne pouvons utiliser que la force contre eux malheureusement. Ces assassins ne connaissent aucune limite. Ils tuent et volent sans but. Et tôt tout tard, ils devront passer devant Kelenvor le dieu du jugement.
-Messire mon cœur ne peut supporter une telle chose.
« À compter de ce jour, votre quête sainte consiste à débusquer ces brigands et, afin de purger Moth-Délaée de cette engeance de signaler à l’armée du Bien où se trouve leur repère. »
L’elfe se releva alors. Et l’homme reprit d’un air moins solennel.
« Elisa, vous aurez besoin d’hommes pour cette quête, et malheureusement je ne puis vous fournir de soldats, nous sommes trop peu nombreux avec la garde pour nous permettre de perdre un gardien. Moth-Délaée ne manque pas de mercenaires. Assurez-les qu’ils seront payés et …
Désolé de vous interrompre votre seigneurie, coupa le miséreux de sa voix rauque, mais il me semble que je pourrais vous aider, moyennant finances bien sûr, acheva-t-il en un sourire repoussant, frottant avidement ses mains l’une contre l’autre. »
Le prêtre darda un regard noir, visiblement offusqué par son apparence autant que par son odeur.
« Et vous êtes ? demanda, méfiante, la guerrière de la lumière.
Ben le mendiant, pour vous servir madame. Je suis dompteur de rats et j’ose dire sans embarras que je ne suis pas trop mauvais dans ce domaine.
Dompteur de rat ? dit-elle mi-dégoûtée, mi-intéressée.
C’est cela ma dame, j’apprivoise les rongeurs qui me rendent en échange quelques menus services. Ein, Katen, répondit-il tout en donnant une croûte sombre à son protégé.
Nulle aide ne se refuse, je suppose, acheva-t-elle en soupirant.
Douce damoiselle, enchaîna alors l’homme en violet, qui s’était avancé pendant l’échange. Je me nomme Darkanel Deltifor et je tiens à mettre mon art à votre service, et cela sans rémunération aucune.
Votre art ?
Je suis un faiseur de rêve, un modeleur d’image, se lança-t-il enjoué. Et je parcours le monde de manière à perfectionner mon art. De plus, il m’est difficile de tolérer sans broncher que l’on ôte la vie à de si délicieuses créatures, les femmes. Je voudrais couvrir le monde de couleurs nouvelles, de beautés permanentes, de fragrances…
Cela ira messire Darkanel, vous m’avez convaincue, interrompit-elle.
À votre service, Dame Elisa. »
Sur ces mots, une silhouette dans une grande robe noire s’avança. Sans posséder la beauté irréelle de la paladine, la femme était superbe. Son sang elfe lui donnait l’air d’une jeune fille d’environ quinze ans. Ses oreilles plus longues que celles des humaines ne portaient aucune décoration. Son corps svelte lui donnait l’air fragile mais l’arc dans son dos montrait qu’elle savait se défendre. Ses cheveux retenus par un anneau en or flottaient légèrement en l’air somme si son corps dégageait de l’énergie magique. «Voila une seconde beauté de la forêt ». Un petit chat blanc était posé sur ses épaules et commença à ronronner comme pour attirer l’attention sur sa maîtresse.
« Excusez-moi, entama-t-elle, confuse. Je … je m’appelle Leanaris, mais … mais vous … vous pouvez m’appeler Léa. Je suis une mage en formation et je cherche … non je veux la Vérité. Ma magie sera vôtre, si … si vous l’acceptez bien sûr.
Mais bien sûr Dame Léa, sourit Elisa. Votre vision des choses est juste et il me plairait de vous avoir à mes côtés.
Pardonnez, pardonnez messire le grand prêtre des très grands guerriers de la Justice et du Bien, railla le mendiant. Mais à combien se montera la récompense de pareilles actions ? Je dois vivre vous savez, je ne roule pas sur l’or.
Rassurez vos compagnons, répondit-il à la paladine, sans même accorder un regard à la loque crasseuse. Ils seront gracieusement payés, de quoi bien vivre et ce, pendant de nombreuses années.
Vous serez bien payé si cela vous inquiète, maître rat, répondit-elle narquoise au mendiant, comme s’il n’avait pu entendre le haut prêtre.
Me voila rassuré madame.
Cela étant réglé vous pouvez donc y aller, tonna le Père Melan. Si… »
Sur ses mots la lueur de la voute céleste diminua et l’air se rafraichit. La haute tour de la place s’illumina d’une lueur bleue. La fontaine émit elle aussi une lueur bleue comme en réponse à la tour. Une voie grave venant de partout et de nulle part en même temps retentit.
« Salutations à vous Délaéens et voyageurs. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je me nomme Keldin, et je suis ce que l’on nomme vulgairement un haut-mage. J’ai besoin de vous. Quiconque recherche gloire et or est convié à me rejoindre dans ma tour. »
Sur ces mots, la luminosité du ciel redevint normale et la tour ça couleur habituelle. Une imposante voute d’onyx apparut à la base de la tour. De nombreux passants, mendiants et autres accoururent vers la tour et y pénétrèrent. Darkanel avança d’un pas rapide vers la tour et y pénétra sans se retourner vers ces compagnons d’un instant.
« Messire Darkanel, où allez vous ? lança Elisa, retenant d’un bras l’avidité du mendiant. Vous êtes impliqués dans une quête pour… »
Une fois sa phrase terminée, l’artiste pénétra dans l’imposante tour sans avoir répondu à la paladine. Quelque peu offusquée par le comportement du jeune homme, la paladine dut utiliser tout son contrôle pour ne pas se mettre à la poursuite de cet impudent. L’elfe comme pour penser à autre chose se tourna vers le petit groupe.
« Je vous remercie Père Melan, nous n’apparaitrons devant vous qu’avec le nom de la cache de ces brigands, je vous le jure.
_ Je n’en doute pas mon enfant, répondit-il avant de s’en aller vers le temple blanc.
_ Quand à vous, dit-elle en se retournant devant Léa et Ben. Ce médaillon vous dit-il quelque chose ? demanda-t-elle en présentant un symbole en or : un cercle frappé de deux dagues.
_ Non désolé, répondit l’homme d’haillons.
_ À moi si … je crois, tenta la demi-elfe. Il me semble qu’il s’agit du symbole d’une guilde d’assassins, enfin pas exactement … enfin si … la guilde n’exerce plus je crois. Mais, il me semble que la guilde opérait plus à l’ouest.
_ Soit, merci dame Léa. Bon, maintenant allons cherchez l’artiste, dit l’elfe un point sarcastique.
_ Je vous suis madame, accompagna la voix rocailleuse. »
Le petit groupe marcha lentement vers la tour quelque peu terrorisé par cette immense bâtiment de pierre qui il y a peu de temps venait d’avaler de nombreux humais sans les avoir pour le moment recraché. La paladine se concentra pour sentir la fluide de toutes choses.
« Je ne sens pas de force maléfique derrière ce rideau de ténèbres, chuchota Elisa.
_ Je vais envoyer mon chat voir ce qui se passe de l’autre côté, proposa la jeune magicienne, le félin bondit alors vers l’ouverture, disparaissant une fois le seuil franchit. »
La jeune magicienne fut déconcertée par la sensation qui la traversa. Cet animal avait avec elle un lien étroit, ce lien permet pour le maître et son familier de se ressentir mutuellement par la pensée. Le lien entre son maître et son familier venait de disparaître. La magicienne dut passer quelques instant à se concentrer sentir son animal. Une peur intense la submergea, la même peur que ressentait son chat. Le vagabond exécuta de rapide mouvement de bras et ressenti une aura magique d’une puissance surprenante émanant de la tour.
« Bon on y va alors… marmonna la paladine. »
Le petit groupe traversa l’arche.
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